L’aliéné doit rester en mouvement, il est sommé d’apprendre autant que d’oublier : la vie de consommation est une vie d’apprentissage rapide et de prompt oubli. Il en va bien sûr en réalité de la survie non de l’individu, mais du Système, car quel plus grand danger pour cet hyper-capitalisme que la généralisation du consommateur traditionnel, limitant ses achats à ses besoins réels? Derrière la modernité-liquide, il y a bel et bien une nouvelle stratégie du pouvoir, qui provoque bel et bien de grandes souffrances. Si la satisfaction différée caractérisait l’économie centrée sur la production, l’économie centrée sur la consommation, elle, se distingue par la recherche d’une satisfaction permanente, avec des humains synchroniques qui ne vivent qu’au présent. C’est là que la société de consommation se révèle comme une économie de la tromperie : la plus grande menace qui pèse sur une société qui proclame la satisfaction du consommateur comme sa motivation et son but, est précisément le consommateur satisfait.
La course en avant génère plus de malheur, de ressentiment et de sensation d’insécurité : la société de consommation prospère tant qu’elle réussit à rendre permanente l’insatisfaction, et donc le malheur.

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